Grâce à l'exposition «A Marat, la Révolution française» et aux nombreux contacts qu'elle a suscités, un Club d'Etudes sur la Révolution Française, rapidement surnommé CERF, rassemblera jusque cinquante membres en Belgique et à l'étranger et sera doté d'un bulletin trimestriel : Floréal.
D'octobre 1986 à mars 1990
Lieu : Bruxelles - POLE NORD
Voici le texte de l'Appel qui a été lancé lors de la constitution du Club.
I. Le premier objectif d'un tel Club sera de trouver une commune mesure et surtout une dynamique entre la recherche et l'activité publique.
II. Cette appellation de Club est choisie parce qu'elle fait corps avec la période en cause, mais aussi parce qu'elle doit refléter un état d'esprit. Il convient, en effet, d'éviter à la fois l'écueil d'une «institution», où toute l'initiative se retrouve focalisée en un point et celui du «cercle», où l'objet de la réunion disparaît derrière le plaisir de la rencontre.
III. L'esprit du Club doit être le plus large possible de manière à garantir une ouverture vers tous les aspects d'une période historique aussi ample : l'aspect politique, social, mais aussi l'aspect théâtral, populaire, philosophique, religieux... ainsi que les répercussions sur les secteurs culturels les plus variés : cinéma, chanson, roman... Cette démarche permettra de donner à nos travaux l'allure vivante et non scolastique qu'ils méritent.
IV. Dès la création du Club, la balle est bien dans le camp de ses futurs membres. Soyez nombreux à envoyer des réactions, des propositions de travail, de collaboration -si circonscrites ou si vastes soient-elles- afin d'encourager au maximum le développement du projet.
Salut et fraternité !
Le Club se réunira régulièrement chaque premier vendredi du mois à 18 heures, sauf les jours fériés ou la veille de jour férié, la réunion étant alors reportée au deuxième vendredi. Les réunions sont ouvertes au public. Elles auront lieu de mars 1986 à mars 1990. Le CERF publiera Floréal pendant ces trois années.
Le terrain «Révolution française» répond visiblement à une demande et offre pendant quelques années, une ouverture très dynamique.
Le Club représente un véritable groupe de travail autonome, comme POLE NORD en appelait de ses vœux. Il regroupe des personnalités diverses qui acceptent volontairement et en-dehors d'activités lucratives, la discipline d'une réflexion et de remises en question sur un grand sujet historique.
A partir de 1987, en prévision des commémorations du bicentenaire, le Club a soigneusement préparé un programme de manifestations diverses à l'intention du grand public : un cycle d'expositions, conférences, projections, intitulé «La décade révolutionnaire. 1789, passé simple ou futur antérieur ?». Ce projet monopolisera beaucoup d'énergie, mais il ne verra pas le jour. Autre projet qu'il fallu abandonner : un film documentaire avec le concours de Media Video sprl, représenté par Christian Mesnil, sur la personnalité et l'œuvre de Jacques-Louis David. Toutes les demandes de soutien financier se soldèrent par des refus, ce qui a découragé les membres. Fin 1987 un message du président fait état d'une dispersion qui nuit au Club et demande que des projets se lancent indépendamment de ces improbables soutiens. Mais c'est le contraire qui se produira, les réunions suivantes verront se limiter les engagements et le «flop» de la décade sera entériné à la réunion du 4 mars 1988.
Toujours à l'approche du bicentenaire, la pression d'organismes politisés s'accentue sur le Club, qui doit réaffirmer son autonomie. Néanmoins, c'est en raison de cette autonomie, que le Club coordonnera - avec POLE NORD - la Conférence de presse annonçant les manifestations belges du bicentenaire et soutiendra divers projets en réponse à des demandes belges et françaises (Mons, Bruxelles, Mariembourg, Rocroi...).