L’actualité permet de présenter au public une nouvelle question connectée au projet général, une question compliquée et plus théorique :
«Comment aborder la relation de l’individu avec la sphère du politique ?»
Le sujet sera traité concrètement à partir du livre 1984 de l’écrivain anglais George Orwell (1903-1950). L’exposition qui se tiendra à POLE NORD pendant le mois de mars 1984 sera intitulée
Conception et coordination
Charlotte Goëtz et Jacques De Cock
Pour tous publics - Visites guidées pour les groupes
SOIREES - DEBATS
Langage et totalitarisme chez Orwell, par Edith Klapwijk
Orwell et la découverte du politique, par Jacques De Cock
L’image de la dictature dans 1984 et dans la littérature latino-américaine, par Bernard Goorden
1984 - Contre-utopie et catastrophisme, par Alain Van Crugten
La brochure reprenant les comptes rendus des 4 conférences est disponible
Un premier travail consistera à écarter les mauvaises raisons qui ont donné à ce roman un succès ambigu. L’auteur nous y aide puisqu’il a dû, passages à l’appui, montrer comment on trahissait sa pensée. En effet, 1984 a surtout été limité à une critique de la dictature soviétique, une fiction sur cet Etat totalitaire. Il est vrai qu’il paraît en pleine période de Guerre froide et que le Book of the Month Club américain lui a offert une place de choix dans ses parutions. L’ouvrage étant tiré à plus de 200 000 exemplaires aux Etats-Unis, la surenchère ne s’est pas fait attendre.
Or, bien au-delà de la critique de ce seul type de totalitarisme, c’est une fiction politique générale qu’Orwell désire livrer. Lisant avec indignation les premières recensions de son ouvrage, l’auteur exige de son éditeur Fred Wartburg de faire une déclaration à la presse où il dit, en substance, que le danger existe dans toutes les structures (Etats), imposées aux communautés humaines, qu’elles soient « socialistes » ou « libérales ». Si les sociétés pressenties dans 1984 venaient à exister, on verrait l’établissement, pense l’auteur, de super Etats s’opposant sans cesse et conduisant l’humanité vers des guerres permanentes. Il s’agit donc bien de la projection d’une situation internationale qui conduit à interroger en général le concept d’Etat moderne. Orwell en analyse en particulier les procédés de la propagande de masse, utilisés par l’Etat à son époque et que lui-même et sa femme connaissent fort bien.